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Le délai d'un mois accordé à l'Iran par le Conseil de sécurité de l'ONU, dans sa résolution 1696, votée le 31 juillet, est arrivé à expiration, jeudi 31 août, sans que la République islamique se soit conformée à la demande qui lui a été faite de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium.
Celles-ci se sont au contraire intensifiées, selon certaines sources diplomatiques citées par l'Agence France-Presse à Vienne, siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Le directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, devait remettre, jeudi, un rapport au Conseil de sécurité constatant que Téhéran poursuivait ses activités nucléaires controversées, soupçonnées de comporter un volet militaire.
L'expiration du délai signifie que l'Iran devrait s'exposer à des sanctions, la résolution 1696 prévoyant des "mesures appropriées" en cas de refus iranien. Mais pour les grandes puissances, la menace sera difficile à mettre à exécution. L'intensité et le rythme des sanctions, que Washington souhaite rapides et d'ampleur, vont faire l'objet d'intenses discussions. Un premier échelon de sanctions devrait porter sur des interdictions de visas pour des responsables du programme nucléaire iranien et sur des entraves aux ventes de technologies liées au nucléaire.
Selon des diplomates, il faudra deux semaines avant que le Conseil de sécurité puisse se prononcer, pour permettre des consultations entre les capitales. Une nouvelle rencontre pourrait en outre avoir lieu la semaine prochaine entre le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, et le chef du dossier nucléaire iranien, Ali Larijani. L'Iran a parallèlement entrepris d'envoyer des émissaires à Pékin et à Moscou, pour rallier des soutiens.
NOUVELLE DONNE
Deux facteurs rendent difficile une réaction rapide et forte des grandes puissances : l'opposition de la Russie à toutes sanctions conséquentes et la nouvelle donne régionale issue de la guerre entre le Hezbollah libanais et Israël. Le déploiement par des pays européens d'un contingent de plusieurs milliers de soldats au Liban sud, terre dominée par le Hezbollah, offre à l'Iran, principal soutien du mouvement chiite, un levier de pression nouveau.
Les déclarations d'officiels français appelant de façon répétée à un "dialogue" avec l'Iran s'inscrivent dans ce contexte. En Italie, pays qui entend jouer un rôle important au sein de la Finul, l'attitude est également à la prudence. "Il est évident que chacun pense à la sécurité des troupes sur le terrain", dit une source du renseignement français. Interrogé sur cette vulnérabilité, un diplomate français spécialiste du dossier reconnaît que "les gens ont la guerre (au Liban) à l'esprit".
Les Occidentaux ont réagi avec modération lorsque l'Iran a signifié, le 22 août, dans un texte fleuve de 21 pages, son refus de suspendre l'enrichissement. C'était en réponse à l'offre de coopération économique et nucléaire qui lui avait été faite en juin par les "Six" (France, Allemagne, Royaume-Uni, Russie, Chine, Etats-Unis). "Notre réaction est modérée parce qu'il y a surtout une volonté de progresser à six", souligne-t-on de source diplomatique française. Les Occidentaux sont soucieux de maintenir les Russes et les Chinois dans le groupe des pays cherchant à pousser l'Iran à obtempérer.
Parler de mesures radicales contre l'Iran, jugent les diplomates occidentaux, risquerait de braquer la Russie, qui craint un engrenage et se montre, selon un expert français, "obsédée par la crainte d'une répétition du scénario irakien". "La position de la Russie est clef, souligne un diplomate français, et nous partageons son refus d'une solution de force."
La Chine, sur le dossier iranien, tend à "coller" à la position russe, notent les diplomates Une hypothèse circule dans les milieux diplomatiques et parmi les analystes : celle d'un compromis avec l'Iran, dans lequel le préalable requis d'une suspension de l'enrichissement, comme condition à toute ouverture de négociations avec les "Six", pourrait être levé. Cela constituerait une victoire diplomatique pour l'Iran.
"Les Iraniens sont, de toute façon, en train de gagner cette bataille", observe George Perkovitch, spécialiste des questions de non-prolifération à la fondation américaine Carnegie. "Ils se sentent confiants, notamment face à la "fatigue" éprouvée par plusieurs pays à l'idée d'une nouvelle confrontation au Proche-Orient, après la guerre au Liban", ajoute-t-il. L'Observateur
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